Extrait - Début du texte pour se faire une idée...

 

Ellie balaya nerveusement une miette restée sur la nappe en plastique criarde.

« Élisabeth, fais attention, pas de gestes brusques ! »

Elle avait renversé un verre d’eau.

« C’aurait été toi, il n’aurait rien fallu te dire ! ».

Céline fronça les sourcils, mais ne répliqua rien. Ellie alluma une cigarette et s’éloigna du reste de la famille. Elle rejoignit Gabriel sur le pont.

« Alors ? Besoin de solitude ? S’enquit-il en souriant vaguement, entouré d’un halot de fumée.

_ Oui. Ca m’énerve les réunions de famille. »

Ellie observa les traits fins de Gabriel. Ses grands yeux verts fixaient un point dans le vague. Une cigarette était coincée à la commissure de ses lèvres.

Il se leva, ôta ses chaussures, retroussa son pantalon et laissa ses pieds tremper dans l’eau.

« Fais pareil, ça détend, lui dit-il.

_ Non. Merci, mais non, je n’ai jamais aimé les poissons.

_ Ha… Moi ça ne me gêne pas, je ne les sens pas en fait... »

Ellie ouvrit la bouche pour répondre, puis, hésitant, la referma et se tut. Elle observait toujours Gabriel, remarqua qu’il avait de beaux cheveux cuivrés, à peine bouclés, qui donnaient envie de passer une main dedans. Elle se rapprocha de lui imperceptiblement, sentit la chaleur de sa cuisse contre la sienne, mais il s’écarta.

« Je devrais rejoindre Antoine maintenant. »

Ellie regarda Gabriel se lever, lisser les plis de son jean et s’éloigner. Un cri retentit. Céline l’appelait.

« Élisabeth ! Ou es-tu ? On t’attend pour le dessert ! »

Elle leva les yeux au ciel, jeta sa cigarette dans l’eau et rejoignit sa mère.

« Toi tu as encore fumé.

_ Oui, et alors ?  Pas toi peut-être ? »

Céline la considérait d’un œil noir.

« Quoi ? Ce n’est pas la vérité, peut-être ? »

Ellie s’éloigna et rejoignit le reste de la famille.

« De la glace, Élisabeth ?

_ Non, merci, je n’aime pas la glace. »

Elle s’assit lourdement sur la chaise en plastique jauni. Elle n’avait jamais aimé cette façon que tout le monde avait de l’appeler Élisabeth. Certes, c’était son nom, mais elle ne l’aimait pas. Elle, elle avait choisi Ellie. Et trouvait d’ailleurs que la moindre des choses était de l’appeler telle qu’elle voulait être appelée.

« Ellie, ne fais pas ta tête de mule, allons. Tout le monde aime la glace, rétorqua Céline en agitant une main vers sa sœur. Tiens, vas-y, sers lui une boule.

_ Peut-être, mais je ne suis pas tout le monde, et je déteste la glace ! Alors, merci Anne, mais pas de glace pour moi ! »

Agacée, Ellie se leva. Sa mère lui attrapa le bras. Elle se dégagea d’un coup sec, lui lança un bref regard et s’éloigna au pas de course pour ne pas être rattrapée.

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